19.04.2009

Plus aléatoire la vie

Oh lecteur mon lecteur, que tu te prénommes Hannibal ou non, merci de me lire avec l’assiduité qui te caractérise. Ecrire un blog ca suppose une certaine dose d’exhibitionnisme, ou au minimum de narcissisme. Dans mon cas, je pense que c’est un peu des deux. Si j’écris c’est pour savoir ce que je pense, quand ca reste dans la tête ca tourne trop et on en fait rien. En anglais il y a un terme « self-conscious », j’imagine qu’on pourrait le traduire par « conscience de soi », mais je trouve que ca ne rend pas justice au concept. Quelqu’un qui est self-conscious c’est quelqu’un qui s’observe, qui se juge, qui se rend compte qu’il n’est pas à l’aise, pas bon, qu’il pourrait mieux faire,… Finalement c’est une sorte de narcissisme dans le sens ou c’est s’intéresser à soi-même.

NarcisseCaravage.jpg

Bref toujours est il que ce regard intérieur ce n’est pas toujours agréable, ca pousse à être rarement content, parfois déprimé, souvent un peu chiant. Se poser des questions ca n’est jamais facile, surtout quand les réponses ne sont pas évidentes. Longtemps j’ai trainé une certaine forme de mélancolie frôlant souvent et tombant parfois carrément dans la dépression, longtemps j’ai cru que c’était relativement circonstancié : solitude, pas de nana, sentiment d’être moche, d’être handicapé social,… Rien que de très classique finalement. Plus récemment j’en arrive à penser que c’est beaucoup plus structurel que ca, je pense que ca n’est qu’une vague angoisse métaphysique. Ce monde fait peur, il n’a pas forcément de sens, ce n’est pas facile d’y trouver sa place, d’y avoir une utilité.


podcast

Je pense qu’être humain c’est rechercher un sens, une transcendance, quelque chose qui structure notre vie. Nous vivons des vies bornées (au sens littéral) et nous n’aspirons qu’à l’infini. Je pense que c’est la source de ma mélancolie, je n’arrive pas à trouver de sens, j’ai parfois la sensation de présenter au monde un haussement d’épaules général. Quelque part se dire que c’est plus un problème métaphysique qu’autre chose rend les choses plus aisées. Enfin ca rend la question plus supportable, ca n’apporte pas de réponse. On retombe sur le divertissement pascalien, le détachement humaniste, le positivisme marxiste ou hégélien ou même l’absurde le plus complet.

rue-du-faubourg-saint-antoine-X-800.jpg

Pas forcément de sens transcendant à la vie donc, juste une succession d’actes qui n’ont de signification que pour eux même. Par exemple, mardi soir, je rentrais chez moi vers minuit, remontant la rue du Faubourg Saint-Antoine (tu vas croire lecteur que je passe mon temps dans cette rue). En sens inverse arrivaient trois jeunes filles suivies par un vendeur de fleurs, elles négociaient au rabais des roses. Après les avoirs croisés, j’ai fait demi-tour, rattrapant les jeunes filles et le vendeur et j’ai offert trois roses aux trois promeneuses avant de reprendre ma route.

 

C’était un acte complètement aléatoire, aujourd’hui encore je ne peux pas vraiment le rationaliser, d’ailleurs je n’en ai pas envie. J’espère juste ne pas leur avoir fait trop peur,…

2009_02_13_vendeurs_rose_1.jpg

 

 

Ecrire un commentaire