31.03.2009
Good times for a change
Depuis quelques mois, une question me tarabuste l’esprit et me tirlipotte le neurone à folklore de manière obsédante : comment ai-je fait pour vivre tout ce temps sans connaitre les Smiths ?
Question primordiale, tu en conviendras, cher lecteur. La réponse m’échappe d’autant plus que je les ai découvert non par hasard mais par coïncidence étrange. Lors d’un voyage en Roumanie (comme quoi c’est un pays ou tout peut arriver) un couple d’écossais me demanda si j’étais un grand fan des Smiths. Je répondis, benoitement, que je ne connaissais pas ce groupe (ce qui était faux, mais que je croyais à l’époque etre vrai, à quel point cela tient-il du mensonge ? bref). D’après ces sympathiques calédoniens, ma vision du monde cadrait en tout point avec les textes du groupe.
Fort de cette information et une fois rentré à paris, je décidai dans un élan de spontanéité et d’aventure, qui m’étonne encore d’ailleurs moi-même aujourd’hui, de me mettre en quète des dits Smiths. C’est à ce moment la que je réalisais deux choses :
- je connaissais déjà leur chanson la plus célèbre
- j’ai vraiment une mauvaise oreille pour l’anglais.
Les deux informations peuvent te sembler décorélées, lecteur, mais sache qu’il n’en est rien. Le titre le plus connu des Smiths est « How soon is now ? » qui fut reprise plusieurs fois et dont une version sert au générique de Charmed (d’où ma connaissance du refrain). En revanche, ce que je comprenais comme « I am the Sun and the Air » (ce qui pour moi collait à l’image wiccan, new age de la série) était en fait « I am the son and the heir ».
Au delà de l’anecdote, je suis tombé amoureux de ce groupe qui arrive à donner au mal de vivre une élégance et un humour de haute tenue. Les Smiths et leur chanteur/parolier Morrissey arrivent à créer un univers peuplé de dandys timides et inadaptés, conscients de leur propres faiblesses, confrontés à un monde absurde et sachant pertinemment à quel point on peut être pathétique quand on s’enferme dans la dépression.
En fait, je comprends la plupart de leurs chansons comme participant de l’une ou l’autre de ces catégories : l’expression aigue, désabusée et élégante d’un mal être liée généralement à l’échec amoureux. L’autre se moquant de ce mal être en forçant le trait. Deux exemples : “Please, please, please let me get me what I want » dont le titre est aussi long que le morceau est court et “Heavens knows I’m miserable now”. Ce second morceau est pour le coup un modèle d'ironie depressive, tout ceux qui ont un jour été tristes et qui ont céssés de l'etre savent que le desespoir peut-etre si ridicule qu'il en devient drole. Dont acte.
19:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, indie, smiths, morrissey

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