19.08.2008
Soignons nous en musique
L’ennui naquit un jour de l’uniformité.
Voila probablement le proverbe que j’emploie le plus souvent. Tu sais lecteur, j’ai beaucoup de défauts. L’un des moins graves et des plus pénibles est que je dois souvent changer de sujet, d’activité. Je ne m’inscris pas bien dans la durée. De manière assez symptomatique, je change en permanence de musique avant la fin du morceau. Ca horripile mes amis, d’autant plus que je ne le fais qu’en société. Quand je suis seul, je laisse volontiers défiler les chansons, c’est amusant, c’est particulier et ca ne veut rien dire.
Ah si, voila, ca me revient. Si je te parle de ca, fidèle lecteur, c’est que je voulais parler de musique. J’ai fait preuve de lourdeur philosophique et empesée dans mes derniers posts et je ne voudrais pas que ton ennui naisse de mon uniformité. Je vais donc te parler de deux chansons qui me sont chères, surtout en ce moment.
La première est évidemment une chanson de Pearl Jam. Il s’agit de I am mine, extraite de Riot Act (2002). L’album n’a pas connu un grand succès, critique ou public, mais personnellement je l’aime beaucoup. La musique y est plus posée, la voix d’Eddie Vedder en particulier a pris une qualité nouvelle, on y pressent déjà ses œuvres solo, principalement la BO d’Into the Wild. Ecoute cette chanson lecteur, nous en parlerons après. Enfin plutôt j’en parlerai, tu es très discret dans ces circonstances et ta pudeur t’honore.

The selfish, they’re all standing in line
Faithing and hoping to buy themselves time
Me, I figure as each breath goes by
I only own my mind
The north is to south what the clock is to time
There's east and there's west and there's everywhere life
I know I was born and I know that I'll die
The in between is mine
I am mine
And the feeling, it gets left behind
All the innocence lost at one time
Significant, behind the eyes
There's no need to hide,....
We're safe tonight
The ocean is full cause everyone's crying
The full moon is looking for friends at high tide
The sorrow grows bigger when the sorrow's denied
I only know my mind
I am mine
And the meaning, it gets left behind
All the innocents lost at one time
Significant, behind the eyes
There's no need to hide,....
We're safe tonight
And the feelings that get left behind
All the innocence broken with lies
Significance, between the lines
We may need to hide
And the meanings that get left behind
All the innocents lost at one time
We're all different behind the eyes
There's no need to hide
Quand je rencontre une période difficile dans ma vie, j’ai tendance à revenir à cette chanson, c’est en quelque sorte mon périmètre de sécurité. Lorsque l’on est perdu on revient vers quelque chose que l’on connait, vers les bases, vers ce qui fait notre identité. Quand je suis perdu, j’aime me rappeler que je suis moi, que je suis à moi et que c’est une certitude, même si c’est la seule que j’ai. C’est une chanson de survivant. Même si l’innocence est perdue, même si l’océan déborde de larmes, je m’appartiens. Même si les raisons sont cachées entre les lignes, même si le monde déborde d’égoïsme et de peur, même si j’aurai parfois à me cacher, je suis à l’abri, je m’appartiens.
Mes connaissances musicales sont très limitée, je serais incapable de vous parler de technique, de mode d’enregistrement ou de production, j’aurai du mal à vanter le travail de tel ou tel instrumentiste. Je me laisse porter par l’aspect très mélodique de la chanson et par les émotions que la voix d’Eddie fait passer. Cette chanson m’apaise, la douceur rauque et le phrasé délibéré me fait me sentir en sécurité : I…….. am…….. mine.

Plus positif maintenant, et surtout moins sujet à glose de ma part, voici une reprise qui a le rare mérite d’être meilleure que son original. L’original est d’Hubert Félix Thiefaine, la reprise est d’Aldebert et la chanson s’appelle Guichet 102.
C’est une des chansons les plus poétiques que je connaisse. Elle me fait sourire à chaque fois que je l’écoute, elle transporte tant d’images, tant de jolies formules. Je vais te laisser avec elle lecteur, et j’espère que tu apprécieras qu’on te parle de « lèvres lilas de son spleen », de « sourire de jaguar femelle dans l’œil de ma débrousailleuse » et de « rayon des fruits défendus ». Allez, je te laisse avec la nouvelle, la p’tite bleue du guichet 102.
20:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, aldebert, pearl jam


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