18.08.2008

De la haine de l'auvergnat

 

 

Je hais Pascal.

 

Je hais ce janséniste auvergnat et pervers qui est responsable de tous les malheurs sur terre. D’ailleurs je hais tous les auvergnats (sauf Alexandre Vialatte et VGE), rien de bon n’est jamais sorti de cette terre maudite. A mort l’Auvergne et ses habitants, que coule sur les volcans éteints le sang des clermontois comme autant de pneus encore liquides sur les chaines de montage de Michelin !

 

Ma haine de Pascal en est à ce point la lecteur, elle me fait sombrer dans la xénophobie la plus primordiale. Ce que je récuse chez Pascal, ca n’est pas l’homme de science. La science tu connais mon point de vue dessus, c’est un truc pour les mecs qui n’assument pas et ca sert uniquement à détruire les rêves naïfs des enfants. Donc que Pascal ait été un grand scientifique, je veux bien, et je m’en contrebalance avec une insouciance qui ferait plaisir à voir (je t’assure lecteur, j’ai une très belle insouciance, je te montrerai ca un jour).

 

Ce sale bougnat de Pascal donc, quand il ne faisait pas mumuse avec ses instruments de mesure de la pression atmosphérique, nous polluait le paysage philosophique avec des bêtises pour grenouilles de bénitier jansénistes. Je veux parler du concept de divertissement.

 

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Le poil (que j’ai fort beau) se hérisse lorsque mes doigts composent ce mot sur mon clavier. Le divertissement, ou la réalisation du concept central du catholicisme, la culpabilité. Grace à Pascal, impossible d’ignorer que nous sommes foutus et que tout ce que nous pouvons faire nous mène à notre perte.

 

Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir. »

 

Oui, comme tu dis lecteur, nous voila mal partis,… Si l’homme ne fait rien, le désespoir le prend, c’est mal. Si il fait quelque chose, s’active pour donc se divertir de ce désespoir, c’est pire : d’une part il s’éloigne de sa nature en refusant d’accepter sa condition humaine, et d’autre part, s’il s’active, il va se fatiguer et aura besoin de repos, et …« Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos ». Je te le dis lecteur, nous voila bien,…

 

Evidemment, ce con de Pascal expliquait que l’homme pouvait échapper à cette impasse en se tournant vers Dieu. C’est un point de vue, je pense qu’il est un peu orienté, mais bon, soit. Je cherche toujours des alternatives et ca me met hors de moi d’avoir l’impression d’être le seul à ne pas en trouver.

 

Dieu que ce monde est atroce quand on décide de le voir comme tel. Tu me diras lecteur, et tu auras raison, comme souvent, qu’il suffit justement de ne pas le voir comme tel. Ca n’est pas facile, mais il faut essayer. L’homme aspire au divin, il est épris d’absolu, la médiocrité le déprime et il se veut sublime et comblé. Tu sais quoi lecteur ? Ecce Homo

 

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