27.07.2008

Vomissons le Romantisme en élégance conservant

C’est en écoutant Explosions in the Sky que je prends la plume ce soir lecteur. Sur cette musique triste et mélodieuse je vais te parler de romantisme. N’y vois pas, je te prie, une relation de cause à effet. J’avais fixé mon esprit sur ce sujet avant de voir les morceaux de ce groupe s’afficher dans ma playlist. Pour reprendre un axiome d’un de mes films préférés : I don’t know if I was miserable because I listened to pop music or if I listened to pop music because I was miserable. Un bon point à celui qui sait de quel film il s’agit.

 

Donc lecteur, le romantisme. Afin d’être concis, je te dirais ceci, le Romantisme c’est nul.

 

Maintenant que j’ai mis ce point crucial au clair, nous allons pouvoir discuter tranquillement. Il faut toujours clarifier les sujets qui fâchent sans quoi on ne peut avoir de propos cohérent. Le Romantisme donc c’est nul, par contre je suis le premier à militer pour un retour du romantisme. Une fois de plus le noeud du drame se trame dans les mots, si seulement les gens faisaient plus attention à ce qu’ils lisent, ou à ceux qu’ils lisent, ou à ce qu’ils disent d’ailleurs (par souci d’économie, ceci étant un blog ISO 9001, je ne mentionnerai pas ce qu’ils écoutent ou ce qu’ils ressentent, cela ne ferait qu’alourdir mon argumentation, un peu comme si je tapais des parenthèses de 5 lignes sans retrouver le fil de mon paragraphe), si seulement les gens donc, faisaient plus attention, je n’aurais pas à repasser derrière à chaque fois.

 

Quand je te parle de Romantisme, je veux parler des états d’âme du père Hugo qui, en plus d’être inintéressants au possible, montrent que ce poseur imbuvable était incapable d’un seul moment de sincérité. Hugo est avec Picasso le plus grand escroc de la culture, réussir à transformer un échec politique honteux en posture intransigeante et bravache, faire passer sa rancune pour de la dignité et devenir un symbole de résistance courageuse grâce à un ego démesuré et des groupies hystériques, un tour de force dont je me serais bien passé.

Je déteste Victor Hugo. Je vomis sa lourdeur, j’ai envie de mettre le feu à ses grosses ficelles de pathos, d’ouvrir la trappe sous les pieds de ses personnages qui prennent des poses tragiques lorsqu’ils sortent acheter le pain. Qu’il y a t il de romantique à se battre la poitrine à tout bout de champ ?

 

Le Romantisme c’est donc se battre la poitrine alors que l’orage se déchaîne (montrant que les éléments font preuve d’empathie avec le héros romantique) parce que la dulcinée n’a pas daigné faire don d’un regard. Le romantisme c’est se lever 5 minutes plus tôt pour aller chercher les croissants à la dite dulcinée. Finalement le romantisme c’est un peu de la pudeur. C’est Brassens qui réclame « l’honneur de ne pas te demander ta main ».

Ca n’est pas menacer de se tuer parce que l’on s’est fait quitter.

C’est prétendre ne pas aimer les olives pour pouvoir les offrir à sa belle.

Ca n’est pas faire des scènes à tout bout de champ pour montrer qu’on tient à quelqu’un.

 

Pour moi le romantisme c’est faire des petites choses, ça n’est pas en jouer des grandes. Brassens avec ses gros mots trouvera chez moi plus d’indulgence que Totor avec ses grandes phrases.