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31.08.2006
Septième art, deuxième liste
Comme promis, avant de décoller demain pour la Chine, je vous laisse une liste de films que je ne peux evidemment que vous conseiller chaudement, si, si,... Je me suis beaucoup amusé à racler mes fonds de mémoire, à mixer les genres, à brouiller les pistes, voila le resultat, et, sur ce, je me souhaite d'excellentes vacances !
The Usual Suspects, Brian Singer
The Godfather, Francis Ford Coppola
Casablanca, Michael Curtiz
When Harry met Sally, Rob Reiner
Garden State, Zach Braff
Adaptation, Spike Jonze
Les tontons flingueurs, Georges Lautner
Un singe en Hiver, Henri Verneuil
Le grand sommeil, Howard Hawks
Goodfellas, Brian de Palma
Much ado about nothing, Kenneth Branagh
Scarface, Brian de Palma
Cyrano de Bergerac, Jean-Paul Rappeneau
Lock, stock and two smoking barrels, Guy Ritchie
Swingers, Doug Lyman
High Fidelity, Stephen Frears
The Lord of the rings trilogy, Peter Jackson
Good Will Hunting, Gus Van Sant
Le President, Henri Verneuil
All the president’s men, Alan J Pakula
Once upon a time in the West, Sergio Leone
Star Wars: A New Hope, George Lucas
The Untouchables, Brian de Palma
A Bronx's Tale, Robert de Niro
Sleepers, Barry Levinson
Tatie Danielle, Etienne Chatilliez
Mensonges, trahisons et plus si affinités, Laurent Tirard
Reservoir Dogs, Quentin Tarantino
Cowboy Bebop: Knocking on Hey Heaven’s Door, Kenshiro Watanabe
Butch Cassidy and the Kid, George Roy Hill
L’aventure c’est l’aventure, Claude Lelouch
Le voyage de Chihiro, Hideo Miyazaki
Jerry Maguire, Cameron Crowe
Dr Strangelove or how I stopped worrying about the bomb, Stanley Kubrick
The Blues Brothers, John Landis
C’est arrive près de chez vous, Benoit Poelvoorde et Remy Belvaux
Ferris Bueller’s day off, John Hugues
Road to Perdition, Sam Mendes
The Nightmare before Christmas, Tim Burton
Undercover Brother, Malcom D Lee
The Monty Python and the Holy Grail, Terry Jones & Terry Gilliam
The Good, the Bad and the Ugly, Sergio Leone
French Connexion, William Fredkin
Almost Famous, Cameron Crowe
The Truman Show, Peter Weir
Le Bal des vampires, Roman Polanski
Who framed Roger Rabbit?, Robert Zemekis
Full Metal Jacket, Stanley Kubrick
Fargo, Joel & Ethan Coen
Dune, David Lynch
Some like it hot, Billy Wilder
Les Ripoux, Claude Zidi
Ronin, John Frankenheimer
Les 7 samouraïs, Akira Kurosawa
Battle Royale, Kinji Fukasaku
Advent Children, Tetsuya Nomura
Seven, David Fincher
Robin Hood: Men in tights, Mel Brooks
A Clockwork Orange, Stanley Kubrick
The Deer Hunter, Michael Cimino
The name of the rose, Jean-Jacques Annaud
The Man who would be king, John Huston
Sin City, Robert Rodriguez
Les Barbouzes, Georges Lautner
Les poupées russes, Cedric Klapish
American History X, Tony Kaye
A fish named Wanda, Charles Crichton
Indiana Jones and the Last Crusade, Steven Spielberg
Willow, Ron Howard
The Full Monty, Petter Catteano
LA Confidential, Curtis Hanson
The Shawshanck Redemption, Frank Darabont
Avanti, Billy Wilder
The Big Lebowski, Joel & Ethan Coen
Vacances Romaines, William Wyler
Point Break, Kathryn Bigelow
Forrest Gump, Robert Zemeckis
Le Barbier de Siberie, Nikita Mikhailov
Le Marginal, Jacques Deray
Good Morning Vietnam, Barry Levinson
Kill Bill, Quentin Tarantino
Batman, Tim Burton
Dogma, Kevin Smith
Love Actually, Richar Curtis
Munich, Steven Spielberg
Ocean’s Eleven, Steven Soderbergh
Un elephant ca trompe enormement, Yves Robert
On ira tous au Paradis, Yves Robert
Les Grands Ducs, Patrice Leconte
The man with the golden gun, Guy Hamilton
L'exorciste, William Friedkin
Arsenic et vieilles dentelles, Frank Capra
Pulp Fiction, Quentin Tarantino
Grosse Pointe Blank, George Armitage
The Empire strikes back, Georges Lucas
Tin Cup, Ron Shelton
Devil’s advocate, Taylor Hackford
Ladykillers, Joel & Ethan Coen
Trading Places, John Landis
Le jour le plus long, y'en a plein, je vais pas tous les nommer non plus !
14:42 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cinema, films, liste
26.08.2006
Au pays des épuisés, les listes sont reines
Il me semble que de manière assez ironique (vous savez, comme de la pluie le jour de votre mariage, ou un tour gratuit alors que vous avez déja payé), le mois d'aout va pour moi etre le moi du travail intensif. Je pense en effet que tous mes collègues et clients se sont concertés pour m'accabler de travail et de soucis avant mes vacances. Pour ceux d'entre vous qui jugeraient la dernière phrase comme étant un relent de mon habituelle paranoia, je ne suis pas étonné, de toutes manières vous m'avez toujours detesté.
Ceci étant dit, la conséquence directe de ce boulot et de ces soucis est que je n'ai ni le temps, ni l'inspiration nécessaires pour vous offrir de vrais posts. Mais meme si mon intellect est en berne, ma mémoire et la sureté de mon gout sont toujours la. Je peux donc vous proposer, pendant quelques jours, grace à une suggestion de quelqu'un qui lui est déja un honnète homme, quelques listes.
Attention, quand je parle ici de liste, je parle de liste consequentes, de listes de 100, pas de la petite liste ridicule ou du top 5 à la High Fidelity, non de la vraie liste avec de gros morceaux de culture dedans. Une fois que tu te seras tapé ma liste, avide lecteur, tu devras aller faire une sieste (un peu comme moi ce midi d'ailleurs, mais c'est un autre problème,...)!
Bref, voila pour commencer une liste de 100 romans, il n'y a pas de hierarchie, pas d'organisation, les titres sont ceux de la langue dans laquelle je les ai lus, j'ai inclus quelques longues nouvelles dans les romans parce que de toutes manières c'est moi qui décide. Bonne liste et à bientot pour la liste de films.
Lord of the Rings, JRR Tolkien
Of mice and men, John Steinbeck
20000 lieues sous les mers, Jules Verne
La Chartreuse de Parme, Stendhal
Le pendule de Foucault, Umberto Eco
L'aiguille creuse, Maurice Leblanc
Ivanhoé, Walter Scott
Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas
Le Comte de Monte Cristo, Alexandre Dumas
Tender is the night, Francis Scott Fitzgerald
Un singe en hiver, Antoine Blondin
The Great Gatsby, Francis Scott Fitzgerald
The Name of the Rose, Umberto Eco
1984, George Orwell
The Call of Chthulu, HP Lovecraft
Le tour du monde en 80 jours, Jules Verne
Voyage au bout de la nuit, Céline
The book of the jungle, Rudyard Kipling
The Silmarillon, JRR Tolkien
The Case of Charles Dexter Ward, HP Lovecraft
Ulysses, James Joyce
L'anneau du pecheur, Jean Raspail
Tortilla Flat, John Steinbeck
Les dents du Tigre, Maurice Leblanc
Le Maitre d'escrime, Arturo Perez-Reverte
The Black Dahlia, James Elroy
Le Hussard bleu, Roger Nimier
The runaway jury, John Grisham
Patriot Games, Tom Clancy
Wuthering Heigts, Emily Bronte
Michel Strogoff, Jules Verne
The Queen of Spades, Aleksandr Pushkin
Bel Ami, Guy de Maupassant
Au Bonheur des Dames, Emile Zola
Stiff upper lip, Jeeves !, PG Wodehouse
Septentrion, Jean Raspail
7 cavaliers quittèrent la ville au crépuscule,..., Jean Raspail
La gloire de mon père, Marcel Pagnol
Les Miserables, Victor Hugo
Eugenie Grandet, Honoré de Balzac
The Company, Robert Littell
La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzatti
Une balle perdue, Joseph Kessel
Le Lion, Joseph Kessel
Mme Bovary, Gustave Flaubert
Candide, Voltaire
Jacques et son Maitre, Denis Diderot
Les lettres Persanes, Charles Secondat de la Brède, marquis de Montesquieu
Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde
Germinal, Emile Zola
Extension du domaine de la lutte, Michel Houellebecq
The Da Vinci Code, Dan Brown
Angels and Demons, Dan Brown
Harry Potter and the goblet of Fire, JK Rowling
Harry Potter and the Order of the Phoenix, JK Rowling
Harry Potter and the Half-blood Prince, JK Rowling
The Hitch Hiker's Guide to the Galaxy, Douglas Adams
Jurassic Park, Michael Crichton
Gargantua, François Rabelais
Nadja, André Breton
Le faucon maltais, Dashiel Hammet
Dracula, Bram Stoker Stupeur et tremblements, Amélie Nothomb
Le ruban moucheté, Sir Arthur Conan Doyle
Le mystère de la chambre jaune, Gaston Leroux
Les rois maudits, Maurice Druon La tulipe noire, Alexandre Dumas
Croc Blanc, Jack London
Treize à la douzaine, Ernestine et Frank Gilbreth
Vendredi ou la vie sauvage, Michel Tournier
Le Hussard sur le toit, Jean Giono
L'illusion Scorpio, Robert Ludlum
L'alchimiste, Paulo Coelho
Le démon et Miss Prym, Paulo Coelho
L'ile aux 30 cerceuils, Maurice Leblanc
Crime et Chatiment, Fedor Dostoievski
Le père Goriot, Honoré de Balzac
Le rouge et le noir, Stendhal
Les clefs du pouvoir sont dans la boite à gants, Fréderic Dard
Lolita, Valdimir Nabokov
The Hobbit, JRR Tolkien
The Grapes of Wrath, John Steinbeck
A Christmas Carol, Charles Dickens
Dune, Frank Herbert
For whom the bell tolls, Ernest Hemmingway
Cent années de solitude, Gabriel Garcia Marquez
Uncle's Tom cabin, Harriet Beecher Stowe
The sun also rises, John Hemmingway
At the moutains of madness, HP Lovecraft
A l'ouest rien de nouveau, Erich Maria Remarque
Le Zèbre, Alexandre Jardin
Gulliver's travels, Johnathan Swift
Frankenstein, Mary Shelley
Moby Dick, Hermann Melvile
The trial, Franz Kafka
La Peste, Albert Camus
The Quiet American, Graham Greene
Mr Vertigo, Paul Auster
Le juif errant, Jean d'Ormesson
The Eye of the World, Robert Jordan
14:40 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : littérature, liste, romans, nouvelles
16.08.2006
Insultons avec talent
En plus c’était un mail professionnel avec la terre entière en copie, rien que d’évoquer ce grand moment de bonheur corporate, je frissonne encore d’émotion.
Une première fois, il n’y a pas a dire, ça marque, quelque soit la qualité du moment d’ailleurs. En effet, je dois avouer que si je fus ému de l’attention, je trouvais néanmoins que la forme laissait a désirer, je crois qu’écrire une bonne lettre d’insulte est plus dur qu’on ne le croit. Regardons de plus près ce mail frétillant qui arriva dans ma boite en ce jeudi matin.
Mr Patron de l’apprenti,
I very supprise Why this guy insert to Compagnie de l’insultant operations activities. Pls tell me who he is, why we lost money for this person ( I think you have knew wel we don't need him in Viet Nam )
Best regards
Insultant
Les éditions que j’ai effectué sur ce message sont mineures, juste un élagage de noms propres, les fautes d’orthographe et de syntaxe sont d’époque. Au delà du simple bonheur de voir mes efforts reconnus, ce mail me parait être un résume parfait d’une année de travail au Vietnam, à commencer par l’anglais (car mine de rien il s’agit bien de la langue de Wodehouse) approximatif.
Il est normal de faire des fautes à l’oral, moi-même,… Mais lorsqu’on écrit un mail, qui plus un mail d’insultes qui se doit donc d’être pris au sérieux pour pouvoir inspirer la peur du châtiment quasi-divin chez l’insulté, un effort est de mise que diable ! Utilisez le correcteur d’orthographe cher insultant ! Comment critiquer de manière crédible mon travail alors que vous utilisez un anglais qui ferait rougir de honte un élève de 3ème (les élèves de 3ème maîtrisent généralement le correcteur orthographique). Franchement, il m’a fallu relire plusieurs fois votre prose pour comprendre que vous m’insultiez, résultat, on perd en spontanéité, c’est indéniable. Permettez moi donc de corriger, d’un pur point de vue orthographique et syntaxique votre missive.
Dear Mr Patron de l’apprenti
I am very surprised. Why is this guy inserted in our company’s operations? Please tell me who he is and why we are losing money because of this person. I think you know very well that we don’t need him in Vietnam.
Voila qui au moins est correct. Ceci étant dit, cela reste assez pauvre tant au niveau du fond qu’à celui de la forme. C’est pourquoi, cher insultant, après avoir corrigé votre anglais (les fautes étant sûrement dues à la sainte colère dans laquelle vous avez écrit ce foudroyant billet) je vais maintenant me permettre de redresser certains faits que vous avez, subtilement certes, tordu.
Why is this guy inserted in our company’s operations?
Et bien parce que votre second m’a demandé de faire son job étant donne qu’il est aussi incompétent et aussi paresseux que vous, mais je suis d’accord, ce n’est pas une raison, j’aurais du le laisser crever la bouche ouverte plutôt que de régler vos ennuis avec mes sales pattes d’occidental.
Please tell me who he is.
La, je l’avoue, mon coeur saigne face a un tel manque de délicatesse, nous nous sommes rencontrés, a plusieurs reprises alors que je prenais mes fonctions, mon successeur vous a expliqué en long en large et en travers quelles étaient mes attributions. Mais je ne vous en veux pas, après tout, ces rencontres ont toutes eu lieu à 10 heures du matin, il est donc tout a fait possible que vous fussiez fin saoul et que le souvenir de ces échanges soit flou. Je ne devrais pas me formaliser pour si peu, un homme avec vos responsabilités a bien le droit d’être fin détruit au bureau, surtout pour accueillir un sale occidental (la vous sentez un schéma émerger, non ?).
Why we are losing money because of this person?
Une nouvelle fois, cher insultant, je suis perplexe, je ne vois pas ou vous voulez en venir. Dans le contrat qui nous intéresse, votre compagnie travaille pour la mienne comme sous-traitant, et, malgré ma compréhension réduite des mécanismes financiers, j’imagine que c’est moi qui vous paye pour effectuer (mal) une tache. Mais si vous y tenez, je vous présente mes excuses pour vous avoir choisi comme sous-traitant, veuillez croire que l’on ne m’y reprendra plus.
I think you know very well that we don’t need him in Vietnam.
Allons, vous dites ça pour me taquiner? Voyons, cher insultant, soyez raisonnable, je veux bien que je ne sois pas l’expatrié le plus bénéfique à l’économie vietnamienne vu mon peu de fréquentation de la peripateticienne locale, mais regardons la réalité en face, vous avez besoin de moi. D’une part cela vous permet d’exercer vos considérables dons d’écriture pour m’insulter devant vos troupes et vous poser en héros, vaillant défenseur de la brillante culture viet qui ne ploie pas devant l’envahisseur occidental qui ne fait rien qu’a vous filer du pognon pour développer votre pays de merde. D’autre part, comme je le mentionnait plus haut, c’est à la sueur de mon front que vous gagnez votre vie et que vous pouvez vous offrir les distractions féminines que votre statut de male dominant vous oblige à avoir. Soyons un peu sérieux cher triste sire et rendez à César ce qui est à moi.
En récapitulant, grammaire zéro, contenu zéro, style ? Bof serais-je tenté de répondre. Allons cher grand directeur, sûrement un homme de votre statut et de votre qualité est capable de moucher par sa simple fulgurance un jeune crétin incompétent qui vous fait perdre l’argent qu’il a gagné pour vous !
Sûrement par une ironie mordante, un sens de l’emphase efficace et un choix des mots judicieux, vous saurez emporter l’adhésion des foules et faire en sorte que votre victime soit la cible des rieurs et vienne a vos pieds faire amende honorable !
Sûrement, votre missive a eu l’effet escompte et toute mon organisation m’est retombée a bras raccourcis sur le dos pour me faire prendre conscience de l’erreur dans laquelle je me trouvais, aucun message de soutien et de sympathie vous comparant a un animal de ferme (comparaison ou l'animal de ferme gagnait d'ailleurs) ne m’a été envoyé. A coup sur ce ne fut pas vous qui devint la cible des rieurs et des reproches de la hiérarchie, il serait très étonnant que l’on vous accuse personnellement d’avoir crée l’exécrable réputation dont jouit aujourd’hui votre société. Ah ? Si ? Vraiment ? Vous m’étonnez, Mr l’insultant, vous m’étonnez,…
Permettez moi alors de vous venir en aide en vous soumettant ma version de votre lettre d’insultes. Je me suis permis en effet par pure charité, de reprendre votre prose. Sentez vous libre de réutiliser mon travail en le présentant comme le votre, vous faites ça si bien.
Dear patron de l’apprenti.
I learned with the greatest surprise that this young man was asked to monitor some of my teams on a particular assignment. Even though I do not deny that someone with no mastery of the language and located a thousand miles away from my teams was probably the best choice for such a task, I just wonder why,…
Non, désole, je n’y arrive pas, vraiment cher pauvre sire, j’excuse toutes vos erreurs et toutes vos maladresses de style, avec une histoire pareille vous courriez à la catastrophe, d’aucune manière vous n’auriez pu convaincre vos lecteurs. Même le style a ses limites et le modeste sophiste que je suis ne peut améliorer votre tirade.
Je ne peux les servir avec assez de verve mais il me déplait fort qu’un autre me les serve.
Je vous souhaite de mourir dans d’atroces souffrances, si possible d’une maladie vénérienne.
17:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : insultes, vie de bureau, vietnam, anglais
11.08.2006
Jolly good ! (et tout ce genre de choses)
J’ai réussi, je pense, à vous faire passer un message sur ma personnalité profonde tout en vous parlant de Bruce Springsteen. Pour ceux dont la mémoire à moyen terme n’a rien à envier à celle d’un maoïste repenti, je faisais allusion à mon fabuleux snobisme et à ma prétention sans borne. Evidemment j’ai traité cet aspect de ma personnalité en l’illustrant par les œuvres d’un baladin proletaire, d’un pur point de vue crédibilité, j’avoue que cela fait un peu tache.
Etant donné que le problème ce ne sont pas les taches, mais ceux qui les font, je m’en vais rétablir ma crédibilité à grands coups de cohérence dans ton entendement cher public. Lecteurs, vous allez découvrir la preuve irréfutable de mon élitisme lorsque je vous présenterai mon prochain sujet d’étude et de discussion : Jeeves, ou le parfait compagnon du gentleman.
Vous admettrez que le butler est au snobisme ce que la blessure par balle est au street credit, un fondamental, 50 Cent sans les cicatrices c’est comme un intello sans avis sur tout, c’est sordide et impensable.
Pour ce qui auront suivi sans se laisser distraire par la métaphore (qui d’ailleurs n’en est pas une car elle est explicite), vous aurez retenu que Jeeves a pour profession butler, et, pour compléter les présentations, j’ajouterais qu’il s’agit du semi-hero des romans de P.G Wodehouse.
Maintenant que vous savez tout sur Jeeves, je vais pouvoir commencer à vous en parler.
Jeeves est donc le butler d’un jeune dandy anglais que nous appellerons Bertam car c’est son nom, ou Bertie car c’est son surnom. Pour ceux qui auraient été choqués par l’ironie mordante de mon début de paragraphe, je voudrais préciser que l’ironie consiste à dire le contraire de ce que l’on pense, or lorsque je vous affirme que vous savez tout sur Jeeves, je suis loin d’user d’ironie. Personne ne sait grand-chose sur Jeeves, moi-même en faisant mes recherches pour ce texte, j’ai découvert que le butler avait un prénom (ce qu'à l'evidence j'ignorais, sinon je ne l'aurais pas mentionné), Reginald, Reginald Jeeves. Et pour ce qui est du reste, on nage dans l’ignorance, il est membre d’un club, le Junior Ganymede qui réunit d’autres butlers et c’est a peu près tout ce que l’on apprend sur sa vie.
I was stunned by the man's resource. "It's brain," I said; "pure brain! What do you do to get like that, Jeeves? I believe you must eat a lot of fish, or something. Do you eat a lot of fish, Jeeves?" "No, sir." "Oh, well, then, it's just a gift, I take it; and if you aren't born that way there's not a thing to do.
On ne sait donc rien de lui, mais on le voit agir. Où plutôt, on laisse Bertie nous compter ses exploits. L’aristocrate dégeneré fin de race et loufoque est en effet le narrateur de la série de romans, romans qui se déroulent tous suivant le même schéma. Bertie, qui comme je vous l’ai fait comprendre une phrase plus haut, ne brille pas forcement par son sens commun, se retrouve, grâce a ses efforts combinés a ceux de ses tout aussi loufoques compagnons dans des situations que Mr Manatane lui-même qualifierait d’un peu just,… Je vous laisse apprécier la description de quelques loufoques personnages.
Lady Malvern was a hearty, happy, healthy, overpowering sort of dashed female, not so very tall but making up for it by measuring about six feet from the O.P. to the Prompt Side. She fitted into my biggest arm-chair as if it had been built around her by someone who knew they were wearing arm-chairs tight about the hips that season. She had bright, bulging eyes and a lot of yellow hair, and when she spoke she showed about fifty-seven front teeth. She was one of those women who kind of numb a fellow's faculties. She made me feel as if I were ten years old and had been brought into the drawing-room in my Sunday clothes to say how-d'you-do. Altogether by no means the sort of thing a chappie would wish to find in his sitting-room before breakfast.
Motty, the son, was about twenty-three, tall and thin and meek-looking. He had the same yellow hair as his mother, but he wore it plastered down and parted in the middle. His eyes bulged, too, but they weren't bright. They were a dull grey with pink rims. His chin gave up the struggle about half-way down, and he didn't appear to have any eyelashes. A mild, furtive, sheepish blighter, in short.
Je pourrais me contenter de citer l’épisode ou ce brave Bertie se retrouva en caleçon dans le placard de la chambre occupée par la fiancée de son meilleur ami alors qu’il tenait dans ses mains un pot à lait en forme de vache dérobé au père de la donzelle et ce pour contenter son irascible tante. Je sais, je sais, c’est anglais, c’est très anglais, c’est même tellement anglais que chaque lecture me donne une heureusement brève mais néanmoins forte attirance pour la viande trop cuite et le Tango Lemon, heureusement brève donc,…
Une fois la première partie de l’intrigue accomplie, notre Jeeves, semi-heros complémentaire de son pauvre maître peut alors faire preuve de son incomparable talent pour sortir de l’embarras son gentleman gaffeur. Les lettrés parmi vous pourraient alors tirer un parellèle entre Reginald et Sganarelle, rien ne serait moins vrai pourtant. Jeeves n’est pas astucieux, il est génial. Il n’est pas baratineur, il est efficace. Il ne ment pas, il sait tout. Bref, cet homme, quintessence sublime du flegme et de l’efficacité élégante des britanniques est plein de ressources. A tel point que pour un anglo-saxon (un de ceux qui savent lire, pas un australien par exemple) Jeeves est synonyme de solution. Un moteur de recherche Internet capitalise d’ailleurs sur la notoriété du personnage : Ask Jeeves.
Mr. Sipperly had had a nasty accident, sir." "He had?" "Yes, sir." "Rummy coincidence. I mean, after what you were saying this morning." "Not altogether, sir. Before telephoning to Miss Moon, I took the further liberty of striking Mr. Sipperly a sharp blow on the head with one of your golf clubs, which was fortunately lying in a corner of the room. The putter, I believe, sir. If you recollect, you were practising with it this morning before you left." "Good heavens, Jeeves!" "I did it with the utmost regret, sir. It appeared to me to the only course." "But look here, Jeeves. I don't get this. Wasn't Mr. Sipperly pretty shirty when he came to and found you'd been soaking him with putters?" "He was not aware that I had done so, sir. I took the precaution of waiting until his back was momentarily turned."
La reconnaissance du monde réel pour Jeeves se retrouve aussi dans les romans, nombreux sont les amis et connaissances de Bertie qui lui déroberaient volontiers les services de Jeeves. Le butler est toujours mentionné avec le plus grand respect, voire la plus grande déférence, il est dans le petit monde de Bertie Wooster, une sorte de surhomme mythique ayant réponse a tout, le compagnon indispensable de toute gentlemnesque entreprise. Et qui plus est, il reste en permanence stiff upper lip.
Jeeves smiled paternally. Or, rather, he had a kind of paternal muscular spasm about the mouth, which is the nearest thing he ever gets to smiling.
Mais avec toutes mes descriptions et explications, je laisse de coté le vrai charme de ces romans, le style. Un roman de Wodehouse c’est comme un après-midi d’été passe allonge sur l’herbe en rêvassant et en grignotant des petits bonbons, c’est délicieux, léger, c’est drôle et surtout, ça passe tout seul,…
Vous avez eu un aperçu trop bref de ce style si agréable, notamment dans les répliques sibyllines et distinguées de Reginald et j’ose concevoir au fond de mon âme de bienfaiteur qu’elles vous ont donne le goût de ces lectures pour gentleman averti.
14:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.08.2006
Rendons à Leonard ce qui est à Desproges
Lecteurs, lectrices, viets, viettes, française, français, crétin, crétine, machin, machine, téton, tétine, mon papa chéri a moi, ennemis de cœur et copains de cours, lectorat chéri mon amour !
J’espère que vous ne m’en voulez pas pour cette petite introduction pour laquelle je tente, maladroitement, de rendre hommage à l’un de mes maîtres à penser. L’un de mes lecteurs sait déjà de qui je parle car il en est aussi fan que moi, les autres sont peut-être sur la voie ce qui, si tel est le cas, est plutôt flatteur pour leur goût en matière d’humour.
Ce maître dont je parle est bien entendu l’irascible et hilarant Pierre Desproges, tout à tour pigiste-breveur, procureur délirant, professeur infantile, factotum étonnant, chroniqueur de la haine ordinaire, maître es bienséances et plus généralement fort drôle.
Pour faire vite, Pierre Desproges est né à Pantin, a grandi au Laos et est mort d’un cancer. Entre temps il a fait de la télé, de la radio, de la presse écrite, des bouquins et des spectacles.
Desproges est probablement mon humoriste préfèré, je vois deux raisons à cela (du moins deux que je peux expliquer, le reste étant intangible évidemment).
La première est son indéniable qualité d’écriture, la seconde est le courage pur de certains de ses thèmes.
Quand il était petit, Pierre Desproges était toujours preums en rédaction et ça se voit. Même pigiste a L’Aurore ça se voyait, responsable des brèves, tendances chien écrasés, il mit une certaine ambiance dans le très conservateur journal au point d’attirer d’illustres lecteurs comme Françoise Sagan. Cette ignoble gauchiste caviardiste camée, bobo avant l’heure écrivit en effet une lettre au rédacteur en chef : « Monsieur, je ne lis pas L’Aurore, mais je l’achète chaque matin pour Desproges. »
Le Dr Dietrich, qui lança récemment sur le marché le dentifrice pour chien parfumé à l'escalope, met au point maintenant le dentifrice pour chat fleurant bon la truite au bleu. On n'attend plus que le dentifrice pour lion, parfumé aux extraits de Dr Dietrich.
A Begwalewe, près de Serule au Botswana, Galetwaselwe Mossi a volé une vache à Sir Seretse Khama. On vous fait grâce du nom de la vache.
« Je suis le roi du monde ! », s’est écrié un farfelu en sautant royalement dans la fosse aux tigres du zoo d’Oklahoma City. L’instant d’après, il abdiquait.”
Malheureusement, depuis mon exil asiatique, il m’est difficile de mettre la main sur du Desproges, vous devrez vous contenter de ces deux brèves ou acheter le recueil !
Mais prenons au hasard quelques phrases desprogiennes « la présence à mes cotes d’un militant d’extrême droite assombrit couramment ma jovialité monacale. »
« Je connais un perroquet parleur qui a poussé les limites de l’imbécillité volaillère jusqu’à l’infini. Branché sur son perchoir avec des grâces altières d’empereur trichromosomique surplombant les arènes à chrétiens, il lui arrivait de se réveiller soudain, à peu près toutes les vingt secondes, pour siffler à tue-tête les cinq premières notes de la marche du colonel Bogey.
N’était la chaleureuse amitié qui me lie aux humains que cet emplumé a apprivoisés, j’aurais depuis longtemps pris un plaisir exquis à lui défoncer la gueule à coups de clé anglaise ou à lui écarteler le trou du cul à l’aide d’un tisonnier chauffé à blanc. »
Notez l’exquise alliance de l’élégance de la grammaire et du vocabulaire avec la grossièreté libératrice de la chute. Etonnant non ?
Pouf, pouf, bref, Desproges parle bien et écrit encore mieux, mais de quoi parle t’il ?
Je serais tente de dire qu’il parle de tout mais ce serait réducteur. Il est plus exact de dire qu’il ne refusait d’aborder aucun sujet et plus généralement qu’il osait beaucoup.
Sa participation au tribunal des flagrants délires lui a permis de brocarder en direct et en présence de l’accusé des icônes telles que Noah, Le Pen, PPDA, Sapho, Sine, Ayache, Halimi, Mitterrand (Frederic), Pescarolo, Zitrone ou Dutourd. Un seul exemple pour vous donner une idée de peu de précautions prises, face au champion de Roland Garros, Desproges procureur entame son réquisitoire : « Ce qui frappe en premier chez Yannick Noah, ce n’est pas le tennisman, c’est le nègre. » Ambiance,…et surtout hilarité de Noah !
Et encore, cela reste relativement soft par rapport à ses textes de scène. J’imagine qu’aujourd’hui ce ne serait plus possible d’aller aussi loin. Enfin si, c’est possible d’aller aussi loin, haineusement sur certaines cibles désignées, mais ne pas se limiter aux espèces dont la chasse est autorisée aurait plutôt tendance a vous attirer des problèmes.
Imaginez Dubosc ou Foresti apparaissant près du rideau, visiblement engagés dans une grande conversation avec quelqu’un en coulisse, puis s’approchant du public l’air embêté avant de lâcher : « On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle,… »
Vous voyez l’idée ? Mais le plus drôle reste le timing, avant que les premiers rires ne ce dissipent, Desproges enchaîne : « Non vous pouvez rester ! N’empêche qu’on ne m’ôtera pas de l’idée que durant la dernière guerre, certains juifs on eut une attitude plus qu’hostile envers le troisème Reich. »
Je m’arrête la car je ne veux pas me contenter de faire vitrine, mais plutôt vous inciter à aller découvrir par vous-même cet olibrius. En ce qui me concerne, je reste conquis et je ne peux m’empêcher de m’identifier a quelqu’un capable d’alterner entre une dissertation éloquente sur l’histoire ou l’amour et un combat à grands coups de boudin noir au milieu de charcutiers effarés avec son pote Daniel Prevost.
Car enfin, Dieu me tripote, cette versatilité n’est elle pas la marque des génies ? Desproges est le Da Vinci du rire ! Enfin il l’était.
Etonnant non ?
14:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
